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Résumé

Extrait

En 1920, à l’âge de 11 ans, la jeune Aurore Gagnon rend l’âme à la suite des blessures infligées par sa belle-mère. L’enquête du coroner détermine que c’est l’empoisonnement de son sang, dû aux nombreuses lésions non soignées et un épuisement général qui ont causé son décès. Marie-Anne Houde, seconde épouse de son père, est accusée et reconnue coupable de meurtre et, en conséquence, condamnée à la peine capitale par pendaison. Télesphore Gagnon, le père d’Aurore, est plutôt déclaré coupable d’homicide involontaire et écope d’un emprisonnement à vie. À la suite de pressions d’un mouvement de citoyens contre la peine de mort, la sentence de Marie-Anne Houde est alors commuée en emprisonnement à vie. Le drame qu’a vécu cette enfant sous les yeux des habitants de Sainte-Philomène-de-Fortierville sera à jamais gravé dans la mémoire collective du Québec. Comme si l’on n’avait jamais voulu oublier la leçon, des films et des ouvrages relatent depuis ce jour les atrocités qu’a subies Aurore et meublent la culture québécoise (Dionne, 2005 ; Gleboff, 2004). Dorénavant, le Québec sait qu’un complice insoupçonné demeure le grand coupable de cette histoire : le silence. Le mutisme des voisins, des visiteurs, des grands-parents, des enseignants, des médecins et du curé d’Aurore aura eu raison de la situation. Les villageois pleurent encore la culpabilité de leurs ancêtres qui se sont abstenus de parler.

Depuis, le gouvernement québécois s’est doté d’une loi pour protéger les enfants, la Loi sur la protection de la jeunesse (LPJ), qui est fondée exclusivement sur le bris de ce silence. Afin de ne pas s’ingérer dans la vie privée des parents, les agents étatiques ne sont pas autorisés à intervenir sans la collaboration des citoyens. Cette loi impose effectivement l’obligation à tout professionnel qui travaille auprès d’enfants de faire un signalement aux autorités s’il a des raisons de croire que l’un d’eux est en danger et incite tout autre adulte à faire de même.

L’histoire d’Aurore est venue révéler combien un enfant reste vulnérable et combien son sort dépend de l’adulte qui choisira de lui venir en aide. Encore aujourd’hui, l’enfant en danger demeure tributaire de cet adulte qui décidera de faire un signalement aux autorités. Briser le silence peut véritablement mettre fin à une situation lorsque le développement ou la sécurité d’un jeune est compromis.

Les contextes qui nous préoccupent ici touchent la victimisation des enfants vivant dans des communautés isolées et fermées à la société, des organisations que l’on qualifie de « sectes ». Il semble en effet qu’ici aussi le silence soit responsable du maintien de situations abusives qui pourraient cesser. Comme il a déjà été affirmé par un intervenant social : « Les sectes, c’est comme l’inceste, tout le monde le sait, mais personne n’en parle ! Ça s’est passé devant nous, mais on n’intervenait pas » (I1).

Caractéristiques

Editeur : Presses de l'Université du Québec

Auteur(s) : Lorraine Derocher

Publication : 29 avril 2015

Edition : 1ère édition

Intérieur : Noir & blanc

Support(s) : Contenu téléchargeable [PDF]

Contenu(s) : PDF

Protection(s) : DRM ACS4 (PDF)

Taille(s) : 1,1 ko (PDF)

Langue(s) : Français

Code(s) CLIL : 3080

EAN13 Contenu téléchargeable [PDF] : 9782760542723

EAN13 (papier) : 9782760542716

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